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Exposition de ceintures fléchées des artisanes Clara Lamothe-Demers et Mireille Demers

2 mars 2021, 5:00 - 7 mars 2021, 19:30

Dans la verrière de la maison Epiphany, au Domaine Trinity

Dans le cadre du projet Histoire de faire la fête

 

La petite histoire de la ceinture fléchée au Québec

Résumer l’histoire de la ceinture fléchée au Québec n’est pas si simple. Il faut d’abord savoir que la ceinture fléchée est la méthode de tressage la plus complexe que nous pouvons trouver dans le monde.

Bien avant la découverte du Nouveau Monde, le tressage était utilisé dans les arts textiles. Les traces archéologiques les plus anciennes du motif à chevrons ont été retrouvées au Japon et dateraient du VIIIe siècle!

Au Québec, le fléché découle du métissage entre les cultures française et amérindienne. En Nouvelle-France, les premières références de ceintures, de jarretières ou de courroies, qu’elles soient unies, à bandes, à flammes ou à chevrons, datent de la moitié du XVIIIe siècle. Quant aux amérindiens, ils concevaient également des colliers de portage grâce à une technique de tressage.

Au cours du dernier quart du XVIIIe siècle, plusieurs voyageurs étrangers ont mentionné dans leurs écrits que les habitants portaient des ceintures de laine colorées avec des franges. Nos habitants s’en servaient pour attacher leur capot, un manteau composé de deux rabats qui s’entrecroisaient.

En 1801, devant la popularité croissante de cette ceinture de laine tressée, la Compagnie du Nord-Ouest s’approvisionne en ceintures fléchées auprès d’un résident de Berthier. La Compagnie du Nord-Ouest est le premier commerce à engager des habitantes de la région de L’Assomption pour concevoir des ceintures fléchées.

Au XIXe siècle, le port de la ceinture fléchée n’est pas seulement réservé aux voyageurs. En 1806, le visiteur britannique John Lambert écrit que 5 habitants sur 6 portent une ceinture colorée, parfois décorée de perles. On constate que la ceinture évolue dans son apparence sans qu’on puisse en attribuer le mérite à qui que ce soit.

Au fil des années, des régionalismes sont apparus dans les modèles de tressage. Entre autres, L’Assomption et Charlevoix ont développé des motifs authentiques. Des modèles découlant de cette technique de tressage ont également été retrouvés dans les provinces de l’ouest canadien, ainsi que dans les régions du nord-est américain.

En 1837, plusieurs députés du Parti Patriote (nommé le Parti Canadien à cette époque) se seraient présentés vêtus de ceintures fléchées à la Chambre d’Assemblée du Bas-Canada en guise d’opposition au pouvoir. Ce geste a largement contribué à faire de la ceinture fléchée un symbole de l’affirmation du nationalisme bas-canadien.

Vers 1860, la forte demande de cet objet prisé par la population permet à la Compagnie de la Baie d’Hudson de développer un nouveau marché: la vente de pièces tissées au métier. Ces copies de ceintures fléchées proviennent de Coventry (Angleterre) et elles sont vendues dix fois mois cher que les ceintures créées par nos habitantes.

Le déclin de la fabrication de ceintures fléchées au Québec est non seulement attribuable à la mécanisation de la production, mais aussi aux changements dans les pratiques vestimentaires. Sa pratique s’essouffle vers 1870, en même temps que le commerce des fourrures et les voyageurs.

Au début du XXe siècle, il semblerait que seules 5 ou 6 personnes connaissaient encore la technique traditionnelle pour concevoir les ceintures fléchées de L’Assomption! Depuis la fin années 1960’s, des individus, des organismes et associations travaillent à conserver les connaissances relatives à la conception du fléché.

Reconnu depuis 2016 comme patrimoine immatériel au Registre du patrimoine culturel du Québec, le fléché est un symbole incontournable de la culture québécoise.

Clara Lamothe-Demers, ancienne membre du Cercle de Fermières Iberville

Clara Lamothe-Demers (1912-2005)

Membre du Cercle de Fermières Iberville, Madame Lamothe-Demers apprendra les rudiments du fléché à la fin des années 1970s. Grande passionnée pour cette technique, Clara concevra plus d’une centaine d’articles divers en fléché: ceintures, foulards, tuques, bonnets, parures de cou, porte-clés, cravates, abat-jours, etc. Madame Lamothe-Demers concevra son dernier foulard en fléché alors qu’elle avait plus de 90 ans pour une de ses arrière-petites-filles!

 

Mireille Demers, artisane membre du Cercle de fermières d’Iberville

 

 

Mireille Demers

Petite-fille de Madame Clara Lamothe-Demers, Mireille Demers avait une relation privilégiée avec sa grand-mère. Habitant à proximité, Mireille elle a passé de nombreuses heures à contempler sa grand-mère faire du fléché. C’est dans la jeune vingtaine qu’elle apprendra par tradition orale les rudiments du fléché de sa grand-mère. Depuis, Madame Demers applique cette technique pour des articles utilitaires : foulards, courroie de guitare, sacs, porte-clés, etc. Mireille Demers aime faire ses propres recherches et découvertes pour en connaître davantage sur cette technique ancestrale.

Artisanes contemporaines

Clara et Mireille sont des artisanes qui appliquent la technique pour la conception d’objets contemporains. Elles ont adapté les formes, les couleurs, les dimensions et les matériaux de base des pièces confectionnées, afin qu’elles correspondent aux besoins contemporains et à la mode actuelle. Ceci les différencie des artisans qui appliquent les méthodes traditionnelles, impliquant l’utilisation de laine vierge retordue, la teinte naturelle des fibres, l’encirage des fils, l’utilisation de modèles rigoureux et une finition précise des franges.

Qu’est-ce que le fléché ?

Le fléché est une technique de tressage aux doigts qui relève du domaine de l’artisanat traditionnel et des métiers d’art. Ce savoir-faire textile est une forme complexe d’entrelacement de fils qui permet la formation de motifs à flèches* sans laisser paraître la trame, tel un tissage à effet de chaîne. Le fléché se transmet de génération en génération, par observation et imitation d’une personne à une autre, depuis au moins deux siècles. Généralement exécuté dans le but de produire une longue ceinture à franges, le fléché permet aussi la confection d’autres objets utilitaires, ornementaux ou artistiques.

Tressage versus tissage

Bien que l’exécution du travail ressemble à un tissage compte tenu du montage de fils de chaîne au préalable, il s’agit d’un tressage car aucun fil de trame n’est ajouté. Le « fil de trame » provient des fils de chaîne. Le fléché est une technique de tressage qui s’effectue en diagonale et utilise un seul ensemble de fils.

Il s’agit du plus complexe tressage qui existe selon les recherches scientifiques!

 

*L’appellation du fléché vient des motifs à tête de flèches provenant du croisement des fils dans une même duite.

Détails

Début :
2 mars 2021, 5:00
Fin :
7 mars 2021, 19:30
Catégories d’Évènement:
,
Site :
http://www.maculture.ca/evenement/exposition-de-ceintures-flechees-des-artisanes-clara-lamothe-demers-et-mireille-demers/

Lieu

Domaine Trinity
360, rue McGinnis
Saint-Jean-sur-Richelieu, Québec J2X 3E8 Canada
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